Les toiles d'araignées font leur cinéma.
Halloween avant l'heure sur le plateau de la Sainte-Baume.
Halloween avant l'heure sur le plateau de la Sainte-Baume.
La question qui est posée par le nouvel arrêté préfectoral est simple. La station d'épuration de Plan d'Aups Sainte Baume est-elle actuellement en état de fonctionner correctement ?
Peut-elle immédiatement recevoir de nouveaux raccordements sans porter atteinte à l'environnement ? En creux, une autre question se pose : pourquoi un tel arrêté est pris à 33 jours du premier tour des élections municipales ?
Selon les dernières déclarations de la mairie suite à la levée de l'interdiction des raccordements par le préfet, la station de Plan d’Aups peut à ce jour accueillir de nouveaux utilisateurs et donc recevoir des eaux usées supplémentaires. Cela est simplement rendu possible grâce au démarrage d’une étude pour la révision du schéma directeur assainissement, un bilan de fonctionnement de la station et son dimensionnement, cela sans attendre la fin et les conclusions de l’étude. Je trouve qu’il s’agit d’un drôle de mode de fonctionnement.
En clair, et encore une fois selon les dires de la mairie, les systèmes filtrants de la station fonctionneraient normalement, il y aurait juste un simple problème d'arrivée d'eau claire. L'étude qui a commencé et qui va durer une année a pour but, toujours selon la mairie, de solutionner le problème d'eau claire et de dimensionner la station pour les années futures.
Avant d’expliquer ce qui me choque et pose question dans la décision de M. le préfet du Var, la question qu’il faut nous poser est la suivante : oui ou non la station est-elle en capacité de jouer son rôle actuellement ? La charrue n'est-elle pas mise avant les bœufs ?
Le but final d’une station d'épuration étant de protéger les milieux naturels et les masses d'eau souterraines servant à l'alimentation humaine de toutes pollutions. Jusque-là, du moins, c'était la principale préoccupation de la préfecture. Une étude qui va durer deux années annoncée 33 jours avant les élections suffirait à éliminer les problèmes…
Dans un premier temps, il est important, je pense, de faire un petit historique en partant du début, depuis la création de cette station par la société Epur Nature. Voir l'état au préalable des structures et leur évolution au fil du temps.
2003 : choix de l'emplacement de la station, les champs situés dans le bas du quartier Mayran au début du CD 480 vers St Zacharie, au nord-ouest du bâtiment du Corbusier.
On notera au passage sur les quatre photos ci-dessous, de 1980 et 2003 avant les travaux et de 2006 et 2014 après travaux, que le terrain situé au sud du bâtiment du Corbusier est passé d'un plateau aride constitué de roches marnocalcaires affleurantes à une vaste zone de dépôt de gravats et de remblais issus du chantier de la station, mais pas uniquement. C'est sur ce terrain que nous verrons bientôt surgir de terre un terrain de tennis et un espace jardin. Bref, mais revenons à notre station.
2005, création du chemin pour le chantier de la station (photo de gauche). Comme on peut le voir sur la photo de droite prise en 2026, la position du chemin en 2005 n'a rien à voir avec l'accès à la déchetterie de 2026.
Les travaux commencés en 2005 ont conduit à ceci :
La station de 2005 à 2007, ci-dessus 16 photos des deux premières années de fonctionnement.
A partir de 2010 des problèmes de fonctionnement semblent apparaître :
En 2010, début des problèmes. Au niveau des 3 premiers bassins, il semble déjà y avoir saturation, le bassin numéro 3 est en limite de débordement. De nos jours le bassin fuit et déborde régulièrement..
Ci-dessus. Plan de la station en 2026 : sur les deux photos associées qui datent de mars 2026, il est clairement visible une importante différence de végétation liée à un apport azoté, fuite, due au dysfonctionnement du bassin 3 situé au sommet de la bute.
Ci-dessus, photo de 2007 à gauche et 2026 à droite. En presque 20 ans, combien de fois les boues de la station ont-elles été curées ? Depuis 2020, nous avons une spécialiste des stations d'épuration à la tête de la commune. Pourquoi avoir attendu les dernières minutes du mandat pour agir ? Lancer une étude de deux années à 33 jours des élections, à quel but exactement ? Gagner du temps sur la pollution des milieux naturels jusqu’en 2028.
Le by-pass est une dérivation située à l'entrée de la station, il permet à l'eau de s'évacuer directement dans la nature sans passer par les bassins filtrants. Le by-pass agit quand il y a trop d'eau qui arrive sur la station ou quand le dégrilleur est obturé. Les eaux noires s’évacuent ainsi directement vers le milieu naturel. Vous noterez ici la superbe grille de frigo qui fait office de dégrilleur artisanal à la sortie de by-pass. Cette grille est censée retenir les lingettes.
Le by-pass alimente un petit ruisseau visible depuis 2014 sous la forme d’un tout petit trait, trait qui s'est récemment fortement creusé, ce qui démontre une activité anormale presque permanente ou très régulière. Ce ruisseau est maintenant par endroits surcreusé de plus d'un mètre, avec des odeurs qui s’en échappent que je qualifierais d’incommodantes.
Mars 2026, caca, pipi, lingettes et préservatif font la fête directement dans le milieu naturel. L’état du ruisseau montre que le système by-pass fonctionne très régulièrement, pas uniquement en période de pluie.
Fonctionnement en cascade des bassins filtrants.
Parlons des trois premiers bassins, Ils ont bien changé d'aspect depuis la création de la station. Entre 2008 et 2026, on peut constater une sacrée différence de hauteur entre les tuyaux et le niveau des graviers. Les graviers filtrants sont par endroits totalement dans les boues, on voit même les lingettes qui s’accumulent en sortie des tuyaux. Il semble visiblement que tous les bassins débordent régulièrement ou alors sont en limite de la faire. Je ne peux hélas pas mettre de vidéos ici.
En 2026, les 3 bassins ont largement atteint les limites du raisonnable. Un festival de lingettes et autres fibres diverses. Le fameux dégrilleur a l’air de bien mal fonctionner !
En 2026, les 3 bassins supérieurs ont donc largement atteint les limites du raisonnable. Un an d’études est annoncé pour dire quoi ? Qu'il y a un problème ! Que tout va bien ? Où est le respect de l’environnement et de la ressource en eau ? Visiblement tout ne va pas bien. Le risque sanitaire va-t-il encore pouvoir attendre une année ? Avec de nouveaux raccordements en vue, j’ai un gros doute.
Parlons de la protection des eaux souterraines et de la cartographie des zones de sauvegarde de ces dernières. La cartographie est visible ci-dessous, cette carte a été validée par la préfecture de région.
Cartographie des zones de sauvegarde des eaux souterraines, l'eau, celle que nous buvons au Plan-d'Aups et à Nans-les-Pins, celle qui sort du robinet.
Certes la station d'épuration n'est située qu'en zone de protection de niveau 3 (zone de ruissellement). Par contre je ne suis pas certain que cette carte tienne compte du pendage géologique à l'aplomb de la station. Les champs situés à cet endroit sont au-dessus d'un calcaire non filtrant avec un pendage vers le sud, l'eau qui s'infiltre va donc directement vers la zone en bleue sur la carte, priorité de niveau 1, ou priorité maximum. Il serait bon de faire une coloration des ruissellements et de l'infiltration pour en savoir davantage.
Ci-dessous la carte géologique du secteur avec des explications techniques.
L'article ne serait pas complet si je ne parlais pas de la pompe de relevage située route d'Auriol, quartier la Bayounette. Cette station déborde régulièrement.
Voici quelques images de la station de relevage en plein débordement. Elles m'ont été fournies par le riverain. Une eau pestilentielle envahit alors le terrain de ce riverain. Ce phénomène est régulier et dure depuis des années.
Photo 1 : la station de relevage, photos 2 et 3 : le terrain du riverain. Photos 4 et 5 : état actuel.
Je vais m'avancer sur un constat personnel de l'état actuel de la station sur la base des observations que j'ai pu faire et sur les informations que j'ai pu glaner ça et là.
J'ai fait ce travail parce que je suis attaché à la protection de l'environnement de cette commune où je vis depuis plus de 60 ans. Parce que j'ai été choqué par ce revirement préfectoral effectué à 33 jours d'une échéance électorale capitale pour l'avenir de la commune.
Une commune qui évolue actuellement dans un respect de l’environnement devenue très relatif, et cela malgré des déclarations fort séduisantes. Déclarations auxquelles je me suis laissé prendre bien trop longtemps.
J'ai aussi fait ce travail car je suis véritablement inquiet pour la ressource en eau, membre actif de la commission eau du conseil citoyen du parc régional de la Sainte-Baume et également en tant qu'ancien conseiller municipal démissionnaire nommé par Carine Paillard au poste de délégué à l'environnement avec, entre autres, comme mission la gestion de milieu aquatique.
Pour les 3 premiers bassins filtrants. Filtre-t-il encore correctement sur une période temporelle appropriée ?
Pour les 3 premiers bassins, seulement deux fonctionneraient à peu près normalement, les 1 et 2, ils semblent tout de même avoir atteint le niveau maximum de boue, voire les hauteurs sous tuyaux entre 2008 et 2026. De tels niveaux semblent occasionner des débordements durant de simples pluies.
Pour le bassin 3, l'eau n'aurait pas un débit normal en sortie de tube, il y aurait aussi des fuites dans la structure du bassin, ce qui semble être corroboré par les visuels.
En bref, les bassins 1 à 3 semblent souffrir d’un problème de percolation vers le fond du filtre, sans doute dû à un entretien insuffisant.
Les bassins 4 et 5 seraient en grande détresse depuis qu'un entretien aurait été mal réalisé par une municipalité précédente : l'entretien aurait été réalisé avec des engins directement dans le lit des deux bassins alors que normalement les boues doivent être griffées à la main.
Oui, à l'origine ici, il y a bien deux bassins, le 4 et le 5, à ce jour il ne semble en avoir plus qu’un seul. La banquette qui séparait les deux bassins n’existe plus et les drains seraient écrasés. Normalement les bassins 4 et 5 sont mis en service alternativement, un coup le 4, un coup le 5, pour laisser le temps aux roseaux de reposer. Ce ne serait plus le cas, ils seraient continuellement en eau, ce qui pose problème sur la capacité de filtration des roseaux qui ne seraient plus soumis à une période de repos. Il y a sans doute, comme pour les bassins 1 à 3, un problème de boue et de débordement.
Pour les bassins 6 et 7. Visuellement, il ne semble pas y avoir de roseaux sur le bassin 6, et une absence de circulation hydraulique.
Les bassins 6 et 7 auraient à peu près le même problème que les autres.
Pour finir. Normalement il y a des maintenances périodiques à réaliser sur l’ensemble de la station, un focardage annuel et sur une plus longue période une intervention sur les boues. Pour le dégrilleur quant à lui, l'entretien devrait être pour ainsi dire journalier, mais vu les observations en sortie du by-pass ou à la surface des bassins, ce ne semble pas être le cas. Le dégrilleur ne joue clairement pas son rôle actuellement. Absence de système sérieux de retenue des déchets en sortie de by-pass ou a minima d'une surveillance régulière.
Conclusions.
La station ne semble pas être dans un état correct de fonctionnement.
La question posée au début de l'article a, je pense, trouvé sa réponse : les réparations peuvent-elles attendre encore deux années ?
Pour moi ce n'est pas le cas.
Pourquoi rien n'a été fait durant les 6 dernières années ?
Une question reste à poser aux services de l'État : quels sont les éléments qui les ont conduits à mettre fin à l'interdiction de tout nouveau raccordement sur cette station, sur quelle base cela a-t-il été fait ? Déclaratif ou réel contrôle.
Cette question reste entière et elle s’accompagne d'une annexe : pourquoi cette décision arrive si proche d'une échéance électorale ?
La station de ski de Plan d'Aups par M. Edouard Trouin, décrite dans le journal Trouin "La vérité sur la Sainte-Baume" du 15 octobre 1967.
Principalement basé sur les connaissances des participants, les organisatrices jouent le rôle de guide plus ou moins présent selon les étapes. Cela permet de favoriser discussion et échange. Chacun peut ainsi apporter son savoir ou poser des questions pour avancer dans la connaissance du sujet. La réalisation de cette fresque permet de prendre conscience que nous pouvons tous agir pour réduire nos impacts sur l'environnement.
Lien vers Transition Sainte Baume : https://www.facebook.com/profile.php?id=61572561475020
Lien vers la page des fresqueuses de la Sainte Baume.
https://www.facebook.com/people/Fresqueuses-de-la-Sainte-Baume/61558843970868/?_rdr
Capture des chiroptères sur les crêtes du massif de la Sainte Baume réalisé avec le parc Parc naturel régional de la Sainte-Baume sous la direction du chiropotérologue Roland Jammault. Sans doute le tracking le plus rapide de l'histoire des trackings. Chauves-souris équipées à 2h47, gîte trouvé à 15h23 le même jour.
Étape 1 : La capture avec prise de mesures des bêtes est réalisée sur les crêtes du massif (50 photos)
Le soir même, après avoir été relâchée, la femelle Murin de Bechstein équipée d'un émetteur est restée environ une heure dans la cavité, puis elle est ressortie vers 4h30 et a filé vers l'ouest où on l'a rapidement perdue.
Etape 2 : Le tracking (20 photos), les BIP nous conduisent directement dans le parc de St Pons.
Le lendemain, nous avons retrouvé le signal sur le site de la colonie historique (Parc de Pons). Le signal semblait provenir d'un platane jouxtant l'abbaye. La sortie de gîte effectuée le soir même a permis de localiser précisément le gîte dans l'arbre. Le gîte se trouve dans une branche creuse située entre 15 et 20 m du sol. Au moins 26 individus ont été vus en sortie entre 21h25 et 21h40, dont la femelle équipée.
Localisation dans les arbres du gîte (4 photos)
Bilan : Au total 46 chauves-souris capturées :
Poljé de Cuges les Pins sous la brume matinale.
Ste Victoire et Mont Ventous au loin.
Posé d'un essaim d'abeilles dans un arbres le 22/08/2022 à Plan d'Aups Sainte Baume.
Cet article récent dans GEO pointe un problème environnemental important pour le maintien des populations de chauves-souris, elles sont un très bon marqueur de l'état de la biodiversité. Comme nous, les chauves-souris sont des mammifères pour qui le rythme jour nuit a une importance capitale et influe fortement sur notre santé. Ce ne sont pas les seules espèces à être touchées par l'excès d'éclairage la nuit, les premières espèces impactées sont les insectes, insectes qui d'ailleurs représentent la principale source de nourriture pour les chauves-souris.

Les chauves-souris sont impactées par la lumière des villes la nuit. © Wikimedia Commons
GEO avec AFP Publié le 13/04/2022 à 17h54
Les chauves-souris sont perturbées par les halos lumineux provenant des villes qui dérèglent leur activité de chasse, contribuant probablement au déclin de certaines populations de chiroptères, selon une récente étude.
Les scientifiques ont montré l'impact de la pollution lumineuse sur la biodiversité en général, mais l'effet des halos de faible intensité qui entourent les zones urbaines est moins connu.
Grâce aux données récoltées pendant sept ans par le programme de sciences participatives Vigie-chiro en France, des chercheurs ont estimé l'impact de cette pollution diffuse sur les sérotines communes.
Cette espèce pourtant plutôt tolérante à la lumière "est moins abondante dans des paysages pollués par la lumière artificielle", résume mercredi dans un communiqué le Museum national d'histoire naturelle (MNHN).
En outre, son activité nocturne est plus tardive. Dans une ville de taille moyenne, cette activité est décalée en moyenne de 6 minutes par nuit claire et de 10 minutes en cas de couverture nuageuse qui amplifie le halo en réfléchissant la lumière venant du sol, selon l'étude publiée dans la revue Environnemental Pollution.
Quelques minutes peuvent sembler négligeables, mais certaines chauves-souris comme la sérotine "n'ont pas une activité constante au cours de la nuit", elles chassent lors d'un très fort pic juste après le coucher du soleil, dit à l'AFP l'auteure principale Léa Mariton, du MNHN. Un pic qui doit correspondre à la présence des insectes qu'elles chassent. Sinon, "même un petit décalage peut se répercuter de manière drastique", ajoute la chercheuse.
Plusieurs hypothèses peuvent expliquer le décalage du début d'activité des sérotines : une sortie du gîte plus tard, la tombée de la nuit étant moins identifiable, ou un parcours plus long pour arriver sur le site de chasse.
"Une route avec des lampadaires tout le long peut être une barrière infranchissable pour une chauve-souris, qui doit trouver un autre chemin", souligne Mme Mariton.
Un plus long vol qui nécessite plus d'énergie, donc plus d'insectes qui ne seront peut-être déjà plus au rendez-vous à son arrivée.
L'étude montre le même décalage lors des nuits éclairées par la lune. Mais, dans ce cas, les chauves-souris peuvent "compenser" lors des autres nuits, selon l'étude. Au contraire, les halos artificiels sont constants, représentant une menace à long terme pour la bonne santé des chauves-souris.
Cette étude pose ainsi la question du rôle de la pollution lumineuse dans le déclin de 30% de la population de sérotines communes en France entre 2006 et 2019, et de l'impact possible sur des espèces plus sensibles à la lumière. Mais la lumière n'est qu'une menace parmi d'autres pour ces mammifères diabolisés, de la destruction de leurs habitats au changement climatique en passant par les éoliennes.
Pour limiter l'impact des halos de lumière, l'étude suggère notamment la baisse de l'intensité lumineuse, le changement du spectre lumineux ou encore des éclairages dirigés vers le sol.
La région PACA est maintenant en risque sécheresse. Pour le massif de la Sainte Baume, du début de l'année à ce jour, il est tombé 70mm de pluie !! On peut clairement dire que la recharge hivernale de la ressource en eau n'a pas eu lieu cet hiver. Les réserves des lacs hydroélectriques sont plutôt en déficit, même pour un mois d'avril. Certes, les turbines ont tourné tout l’hiver pour produire de l’électricité, mais le manque de précipitation actuel va impacter le renouvellement.
Les photos ci-dessous datent de 2015 - 2017 - 2022